news

11
janvier
2021

Début des sessions

8 au 10 janvier 2021 : C’est en pleine période de COVID que nous nous sommes réunis pour cette première session dans une salle polyvalente qui, en regard de la situation sanitaire, n’était plus occupée. Un espace suffisamment grand pour que l’on puisse vivre en immersion ce nouveau défi que nous nous étions fixés.

Et quel était ce nouveau défi ? Renouveler profondément le groupe et sa dynamique intrinsèque.

Le constat s’est fait naturellement avec le coup d’arrêt brutal de la crise sanitaire sur nos vies et ici spécifiquement sur le secteur culturel.

Nous venions de terminer en septembre 2020 la réalisation de « Lune Bayou », notre second album, pour lequel nous nous étions considérablement investis autour d’un noyau dur composé de Jean Baptiste, Philippe Jaumier et David Dutertre. Ce trio avait travaillé sans relâche pour aboutir à ce bel album qui convenait en tout point à ce que souhaitions réaliser et qui s’est défini d’ailleurs au fur et à mesure de sa réalisation. Pour en connaître les secrets, je ne peux que vous conseiller de visiter le site spécialement dédié à la réalisation de « Lune Bayou ».

Lors de la dernière étape nous avions fait appel à Thomas Ottogalli, qui joue les parties de guitare électrique sur cet album, pour réaliser la délicate étape du mastering. Et déjà nous avions discuté ensemble de ce qui pourrait être amélioré pour la réalisation d’un autre album.

A partir du mois d’octobre 2020 la rumeur enflait concernant la covid et nous avions pris la décision de sortir l’album car d’une façon ou d’une autre il fallait qu’il vive son histoire. C’est tout de même terriblement frustrant de ne pas pouvoir sortir un disque alors qu’il est sous emballage !

L’étau sanitaire s’est petit à petit resserré et nous n’avons pu défendre en définitive cet album sur scène que deux fois seulement durant l’année 2020…

C’est alors que durant la période de confinement stricte, j’ai eu l’occasion de converser au téléphone avec une danseuse spécialisée dans le cajun & zydeco. Elle m’a fait part de son réel manque physique et psychologique, de la frustration de ne pouvoir s’abandonner sur les parquets aux différentes rythmiques et notamment aux basses qui traversent son corps. A la fin de notre conversation, à l’écoute de la force des mots employés, j’avais le concept de notre future aventure : la danse.

J’ai contacté Thomas pour lui évoquer cette discussion et surtout l’idée de réaliser un album totalement différent de « Lune Bayou », qui était presque « religieux ». Là je souhaitais mettre sur pied des chansons directes et incisives, capables dès la première note, de faire danser les gens. On a élaboré un plan d’attaque et pris la décision de démarrer cette aventure avec un noyau restreint à 6 musiciens (avec « Lune Bayou » on a pu monter à 12 !). Les intéressés ont répondu présent et on s’est fixé 2 jours et demie pour tester ces idées.

Le prérequis était déjà de s’informer sur tous les types de danses américaines avant l’avènement du rock’n roll soit entre 1920 et 1950.

Thomas avait réfléchi à l’aspect technique et le son dont nous aurions besoin pour arriver à nos fins.

Le 8 janvier, après avoir tout installé, il nous restait quelques heures avant de terminer cette journée et  on a décidé de démarrer les sessions pour tester l’environnement. Sans batteur (il arrivait le lendemain), on s’est attelé à une chanson lente. Un classique de la musique traditionnelle cajun, une très jolie chanson : « C’est l’amour qui m’a séduit le cœur » dont Kelly Jones et Megan Brown avaient fait une belle version. On l’a transformé en une ballade tex-mex avec laquelle on s’est senti très à l’aise. Les choses se sont placées assez facilement et l’apport du mélodéon apportait une touche étonnamment mexicaine et exotique.  Fin de la première journée.

Le 9 janvier, on a démarré avec une chanson tonique issue de répertoire cajun « Tes parents veulent plus me voir » mais si une dynamique était bien présente, l’ensemble nous renvoyait à nos habitudes et donc au son de « Lune Bayou ». C’était confortable mais nous n’étions pas là pour ça. On a passé en revue des classiques ainsi mais mise à part la « Valse à Duralde » d’Iry Le Jeune et « C’est l’amour qui m’a séduit le cœur », rien ne pouvait prétendre à explorer des styles de danses aussi variées que ce que nous avions pu glaner.

On s’est donc quitté le 10 janvier avec pleins d’incertitudes mais aussi avec le sentiment d’avoir débroussaillé le terrain et une révélation : il serait plus aisé d’écrire nos propres chansons.